25

août

Bric-à-brac

Lorsque l’on prie, on ferme les yeux

L’évêque de Guyane vint à passer et Louise et moi, invités par un ami commun, avons partagé un repas avec lui. Monseigneur Laffont qu’il s’appelle et c’est un homme d’érudition et de grande simplicité. Bien sûr, en plus du repas, nous avons partagé sur la foi et sur sa religion qui est aussi celle de Louise. Avec un réel intérêt il écoutait mes remarques et critiques. Avec empathie il y répondait. Il était lui-même désolé de ce que son église avait fait lors des siècles passés et a écrit sur le sujet. Il est très enthousiaste à l’arrivée de leur nouveau pape François Premier, bien plus que nous tous ne semblons l’être avec notre François Second… Pendant onze ans il était prêtre à Soweto et de Nelson Mandela et Desmond Tutu il était l’ami. Il nous a raconté qu’un jour, alors que Desmond Tutu était invité aux Etats Unis et qu’il l’accompagnait (je crois), les évangélistes américains qui avaient invité Desmond Tutu lui demandèrent de leur raconter une histoire. Desmond aurait raconté ceci « Chez nous en Afrique du sud quand les blancs sont arrivés on avait la terre et eux sont venus avec la bible. Ils nous ont dit « Mes frères prions ». Chez nous les noirs, lorsque l’on prie, on ferme les yeux. Quand on a rouvert les yeux, ils avaient la terre, on avait la bible. »

Recette de pain
Au fil des jours j’ai pigoché (disait ma mère lorsque je piquais les aliments à même le plat de cuisson) les idées un peu partout et je vous livre ma recette composite.
Tout d’abord je fais une « pouliche » (Merci Arnold)
Verser dans un grand saladier un bol d’eau à 37° dans laquelle vous mettez la levure, un peu de farine et une cuiller à café de sucre (pour stimuler la levure). Consistance de la pâte à crêpes.
Laisser reposer une demi-heure voir un peu plus. Ça gonfle, ça fait des bulles.
Ajouter la farine (au total avec la farine de la pouliche compter 500 grammes de farine pour un sachet de levure). Puis uniquement à ce moment ajoutez le sel (qui ne doit pas entrer en contact avec la levure seule car cela inhibe le processus). Bien brasser avec une cuiller. Rajouter un peu d’eau si besoin pour que ce soit souple comme une pâte à gâteau.
Laisser reposer environ 45 minutes à une heure. La pâte a gonflé jusqu’à presque déborder du saladier.
Fariner le plan de travail. Laisser tomber sur cette farine le volume nécessaire à votre pain. La pâte s’étale. Farinez-vous les mains (sinon bonjour les mains collantes). Étalez délicatement la pâte pour en faire un carré. Rabattez les coins et époussetez la farine superflue sans violenter la pâte (merci internet). Renouveler l’opération. Déposez votre bloc de pâte sur le papier sulfurisé (lui-même posé sur la grille de cuisson ou après l’avoir retourné (afin que les plis de votre manipulation se retrouvent dessous. Donnez la forme à votre pain. Vous pouvez fendre le dessus de la pâte avec une lame de couteau passée à l’huile d’olive (afin que la pâte n’adhère pas trop à la lame). Laissez lever dans une espace clos sans courant d’air encore 45 minutes.
Bien chauffer le four avant de mettre votre pain à cuire et surveillez le.

Notes
Je n’ai pensé que trop tardivement à prendre des notes de mes lectures.
Tant mieux pour vous ce sera plus court.
Je suis retourné chercher celles-ci:

Lévi-Strauss : Tristes tropiques

P 470 A mieux connaître les autres sociétés nous gagnons pourtant un moyen de nous détacher de la nôtre, non point que celle-ci soit absolument ou seule mauvaise, mais parce que c’est la seule dont nous devions nous affranchir… Nous nous mettons ainsi en mesure d’aborder la deuxième étape qui consiste, sans rien retenir d’aucune société, à les utiliser toutes pour dégager ces principes de la vie sociale qu’il nous sera possible d’appliquer à la réforme de nos propres mœurs et non à celles des sociétés étrangères… C’est la société seule à laquelle nous appartenons que nous sommes en position de transformer sans risquer de la détruire, car ces changements viennent aussi d’elle.

P 471 Puisque être homme signifie, pour chacun de nous appartenir à une classe , à une société, à un pays, à un continent et à une civilisation ; et que pour nous, le Nouveau Monde signifie d’abord qu’il ne fût pas le nôtre, et que nous portons le crime de sa destruction, sachons au moins l’exprimer en ses termes premiers – en un lieu, et nous rapportant à un temps ou notre monde a perdu la chance qui lui était offerte de choisir entre ses missions.

Sylvain Tesson : Dans les forêts de Sibérie

P 133 la solitude :
Ce que les autres perdent à ne pas être auprès de celui qui l’éprouve.

P 156
Offrir des fleurs est une hérésie. Les fleurs sont des sexes obscènes, elles symbolisent l’éphémère et l’infidélité, elle s’écartèlent sur les bords des chemins, s’offrent à tous les vents, à la trompe de tous les insectes, aux nuages de graines, au dents des bêtes, on les fouille, on les cueille, on y plonge le nez. A la femme qu’on aime il faudrait offrir des pierres, des fossiles, du gneiss, enfin une de ces choses qui durent éternellement et survivent à la flétrissure.

D'où ma passion pour les coquelicots

D’où ma passion pour les coquelicots

Aujourd’hui mon dernier dimanche à Camopi. L’apothéose

Je suis de garde mais il n’y a eu qu’une fracture des deux os de l’avant-bras chez un enfant. Réduction sous Meopa et pose de résine.

La légion Étrangère qui lutte avec la Gendarmerie contre l’orpaillage illicite nous a invités à une petite conférence. Leurs moyens sont limités, l’espace est immense et difficilement contrôlable, c’est un peu comme les Américains luttant contre les communistes dans le delta du Mékong.
Ensuite j’ai eu la chance d’être invité par Laurent Yawalou à une fête avec danses traditionnelles et cachiri à volonté. Spectacle éblouissant. Danse de la pêche d’abord puis cachiri puis danse du chien, lorsque les hommes vont voler le cassave des femmes.

Danse amérindienne

Danse amérindienne

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Premier baiser à une femelle

Alors que je triais des photos, j’ai eu cet après midi la visite d’une femelle amatrice d’art.
Comme la rainette, elle s’est installée chez moi et j’ai eu droit à un baiser esquimau.
Déjà le lendemain de l’arrivée de mon collègue et voisin, il me disait « il y a un tapir chez toi. » je me suis demandé à quel chianti il marchait. J’ai répondu « Oui, oui, bien sûr ». Il m’a dit après s’être dit que je devais être blasé. En fait je ne l’avais pas cru et cet après-midi le tapir est venu et s’est installé.

dans ma maison

dans ma maison


Maïpouri (tapir) amateur d'art.

Maïpouri (tapir) amateur d’art.


baiser esquimau

baiser esquimau

Et deux photos pour le plaisir

Un mégaptère: Ces deux grandes pinces ne lui servent qu'à tenir la femelle pendant l'accouplement

Un mégaptère: Ces deux grandes pinces ne lui servent qu’à tenir la femelle pendant l’accouplement


Une petite voisine

Une petite voisine


7 commentaires à “Bric-à-brac”

  1. GM974

    Que de beaux moments tu vis là encore avant ton départ!!!
    J’aime beaucoup ce baiser esquimeau avec ta nouvelle amie amatrice d’art…
    Bisous
    Vive les « Coquelicots »

  2. Alain

    J’imagine ton émotion maintenant que le départ approche !
    Merci pour tout ça avec « oyadoc » …
    Salut

  3. Sam

    Bises papa !
    Je m’envole pour la Réunion dans quelques jours.
    Dans quelques jours, je nagerai avec les baleines !
    Hate de te revoir, à très bientôt.
    Ton fils

  4. Françoise Renambatz

    déjà le départ… que d’émotions pendant ces six mois et je suppose que vous reviendrez transformé par cette aventure !
    Nous vous retrouverons avec plaisir mais je suppose que le retour à la « vie moderne » sera dur !
    a bientot

  5. Gigi

    Commencée avec une invertébrée au cerveau archaïque (dans le sens reptilien, mais qui doit pouvoir être d’être d’une grande tolérance en termes d’adaptabilité tu termine avec une femelle Tapir. mes connaissances vétérinaires ne sont pas très approfondies, mais ça doit s’apparenter à la truie. Sympathique mammifère, omnivore, au capital génétique proche de l’homme autre cochon d’animal. Pouvait-on rêver meilleur transition de retour vers la « civilisation »!! Tu sais, celle qui ne t’as pas manquée, pnd

  6. Gigi

    Oupps!! c’est parti tout seul 🙁
    Celle qui ne t’as pas manquée pendant 24 semaines, disais-je.
    En revanche, si tu passes par Paris je te verrais et recevrais avec plaisir. Tu m’as manqué, même si grâce à ton blog, tu as souvent été si proche
    Je t’embrasse la vieille
    Si t’es pas encore parti roules un baiser eskimo à la Maïpouri

  7. mcpetitot

    merci pour vos textes qui donnent une jolie image de camopi, merci pour les jolies photos aussi, vous allez nous manquer.

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