27

octobre

Chique !

Après Lucilie, je m’en vais vous présenter un autre de mes nouveaux compagnons. La puce-chique (Tunga penetrans pour faire sérieux), responsable de la tungose.

 

Originaire d’Amérique du Sud et des Caraïbes, elle s’est répandue sur le reste du monde tropical, au même titre que la tomate, le tabac ou la pomme de terre. Ce n’est heureusement pas la plus méchante des spécialités locales.

 

La puce-chique se trouve surtout dans les terrains sablonneux, en particulier lorsqu’ils sont fréquentés par divers animaux, nos amis les chiens entre autres.

 

Dès qu’elle en a l’occasion, la femelle va sauter sur la peau, le plus souvent au niveau des pieds (fréquemment juste sous les ongles des orteils) et y pénétrer. Quant au mâle, il se nourrit également de sang en piquant la peau des mammifères, mais n’y reste pas et ne donne aucun symptôme. En fait, visiblement, tout le monde se fiche un peu de son triste sort.

 

En quelques jours, la femelle va se gonfler d’oeufs, atteindre la taille d’un petit pois et former une boule enchâssée dans le derme. Ne dépassent que ses stigmates respiratoires, l’anus et l’orifice de ponte, présentant le classique aspect « en boule de gui ». Dès lors, la production d’oeufs commence.

 

Le fromager de Camopi

 

(Oui, je sais, la photo est floue et moche mais c’est dû à l’émotion de découvrir la première puce-chique sur mon propre pied…)

 

À ce stade, on ressent le plus souvent quelques démangeaisons et une petite douleur sourde très supportable.

 

Le traitement consiste à « décapsuler » la peau en surface, à l’aide du biseau d’un trocart, puis à sortir la bestiole. À condition de désinfecter la plaie et d’avoir une hygiène correcte, il n’y a généralement pas de complications et ça cicatrise très bien.

 

Voilà, c’est à peu près tout. Rien de très méchant, je vous l’avais dit.

 

C’est forcément différent en cas d’infestation massive et/ou d’hygiène défectueuse, car ce sont alors autant de plaies susceptibles de se surinfecter et les puces-chiques peuvent constituer un vrai problème de santé publique pour les populations précaires.

 

Pour ma part, j’ai presque de la commisération pour cette bestiole.

 

Pour le mâle, déjà, dont la courte vie, comme souvent chez les insectes, consiste à rechercher une partenaire, à copuler et à mourir aussitôt le devoir conjugal accompli.

 

Pour la femelle également qui, si on ne l’extirpe pas entre temps, et après n’être devenu qu’une espèce de monstrueux sac d’oeufs, finit par doucement s’éteindre au bout de trois semaines et meurt ainsi, enclavée dans la peau, sans jamais avoir retrouvé les joies de la vie au grand air. Une mortalité obstétricale de 100%, c’est vraiment triste.

 

Mais, surtout, mesurant moins d’un millimètre, la puce-chique est la plus petite puce du monde. Et avec des sauts d’à peine 20 cm, elle est vraiment la honte de sa famille.

 

Pauvre bête.


Un commentaire à “Chique !”

  1. José Lemaire

    Je saisis à l’ instant GAIA afin qu’ ils organisent une campagne en faveur de la défense de cette espèce opprimée.

    http://www.gaia.be/fr/

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