15

septembre

En route

Je vais arrêter de ronger mon frein. J’ai rendez-vous dans 2 heures avec l’équipe de psychiatrie pour prendre la direction de l’Oyapock. Environ 3 heures de route jusqu’à Saint-Georges, une nuit sur place et pirogue demain matin.

 

J’ai passé mes deux premières journées à parcourir les couloirs de l’hôpital de Cayenne. Une feuille d’émargement à la main, j’allais effectuer les formalités nécessaires et rencontrer tous les intervenants avec lesquels je travaillerai : les assistantes sociales, les secrétaires, le pharmacien, le labo, la « bonne fée » qui organise les rendez-vous à l’hôpital de Cayenne, la médecine du travail, la buanderie pour me faire des tenues…

 

Alors que je ne l’étais pas de trop, le parasitologue m’a un peu alarmé en me racontant des histoires de palu mortel ou de maladie de Chagas. Muriel Ville, le médecin responsable des centres de santé, a voulu me rassurer en relativisant « Mais non, vous verrez, il n’y en a pas tant que ça et ça se passera bien. Ce qui vous posera problème, ce sont les suicides par pendaison chez les adolescents. »
S’en est suivi un tableau assez dramatique des problèmes d’alcool dans les communautés amérindiennes. Après ça, je pense que je ne pourrai avoir que des surprises positives. 🙁

 

Soirées en ville à boire un verre aux Palmistes et à manger un hamburger sur la place principale. Toutes les couleurs de peau dans les rues et (presque) toutes les langues : français, créole, brésilien, chinois… Un peu désorienté par le mélange entre exotisme et éléments extrêmement familiers.

 

Samedi, c’était journée relâche.

J’ai profité de la relative « fraîcheur » (c’est-à-dire moins de 30°) pour faire un tour au marché où les maraîchers (presque tous hmongs) vendent leurs productions.

 

Le trajet

 

Changement d’ambiance ensuite en allant faire des courses à l’hypermarché de banlieue. On ne peut plus franco-français…

 

En effet, l’épicerie de Camopi est achalandée de manière assez aléatoire (sauf en alcool) et les prix y sont nettement plus élevés qu’à Cayenne. Comme je ne serai pas limité sur la pirogue, on m’a donc recommandé  de prévoir pas mal de provisions à emmener pour les trois prochains mois.

 

J’ai été assez consterné, en parcourant les rayons, de voir que quasiment tout venait de métropole. Quelques produits martiniquais, de rares productions de Guyane. Acheter des biscottes qui ont traversé l’Atlantique, ça m’a un peu ennuyé.

Quant aux prix… 7 € le paquet de pain de mie par exemple. Le prix de ce chariot rempli au tiers (et dont le seul « produit de luxe » est un tube de crème solaire) ?

 

Le trajet

 

211 € !

 

Je reviendrai probablement sur un de ces aspects de la vie dans les DOM où les prix sont assez exorbitants, ce qui ne pose pas de gros problèmes pour les fonctionnaires tels que moi, aux salaires majorés, mais ce qui peut rendre la vie assez compliquée pour les locaux, d’autant plus quand il n’y a pas ou peu d’alternatives produites sur place (et qui sont de toute façon parfois encore plus chères).

 

L’après midi, j’ai retrouvé Benoît, un copain infirmer rencontré à Marseille à l’occasion de mon DU et qui est revenu en Guyane depuis le mois de juin. Direction la plage avec ses deux enfants. Mer chaude et plage de carte postale.

 

Le trajet

 

De retour à l’hôtel, j’ai commencé à faire mes bagages pour le trajet. Tout est emballé sous double sac poubelle, y compris les vêtements dans la valise. Quant à la touque, elle est réservée aux livres et au matériel informatique.

 

Le trajet

 

Voilà, je suis prêt !

 

 


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