29

août

Les pakous n’ont qu’à bien se tenir et Puu Baaka (explications)

Rencontre inédite avec la mouche cacahuète
Ici comme à La Réunion les maisons en dur sont à la mode. La maison dans laquelle je suis est assez vétuste mais en bois et je n’en changerais pour rien au monde. Elle est fraîche et très bien ventilée. En contre partie je cohabite avec une vingtaine de rainettes que je n’arrive pas à reconnaître, un crapaud parfois, une souris et ses collègues soi-disant chauves mais qui comme leur nom ne l’indique pas ont une belle tignasse (en tous cas plus de poils sur le crane que moi de cheveux).

Une chevelue souris

Une chevelue souris

L’autre soir j’ai eu la visite d’une magnifique mouche cacahuète qui porte mal son nom (de mouche).

la mouche cacahuète

la mouche cacahuète

De dessus on dirait un batracien assez effrayant mais ce n’est que du bluff. Elle est très pittoresque mais assez peu sensible aux câlins que je lui prodiguais Je l’ai donc laissée prendre son envol vers d’autres horizons.

Pourtant je suis très investi dans ce baiser!

Pourtant je suis très investi dans ce baiser!

(Photo de Julie)

Je suis une fée du logis
Ma maison est donc vétuste mais ce n’est rien comparé au mobilier qui doit traîner là depuis des années. Chaises délabrées prêtes à vous rompre le cou et sur lesquelles on s’assoit du bout des fesses et une table qui a dû séjourner deux ans sous la pluie, etc. Cette dernière je l’ai décapée dès mon arrivée avec de l’ammoniaque (c’est mon truc du moment) et comme je ne trouvais pas de cire j’ai essayé la crème Nivea mais « ça ne l’a pas fait ». L’huile de tournesol a fait l’affaire et aussi incroyable que cela puisse être il y avait dans la maison une bombe pas écolo de dépoussiérant à la cire. Franchement un dépoussiérant ce n’est pas un décrassant mais pour l’odeur de la cire c’est sympa.
Le logisticien est passé et a bien voulu m’envoyer de quoi réparer la plomberie et de la colle à bois que je ne trouvais pas ici. J’ai pu bricoler ici, chez mes collègues infirmières et chez Julie le nouveau médecin avec laquelle je travaille maintenant. Chez les uns et les autres.
Il n’a pas plu comme je le craignais et pour autant je ne suis pas allé en forêt. La chaleur est écrasante au sortir du travail et lorsque le la fraîcheur s’installe la nuit la suit de près.

Pas de légende

Pas de légende


Pakous me voilà
Que faire donc vers dix sept heures ? Aller à la pêche. Attention les pakous n’ont qu’à bien se tenir ! Pas de mombins, ce n’est pas la saison.

Coin de pêche au crépuscule

Coin de pêche au crépuscule


Alors le yaya ne résistera pas au désir de manger le pain que je lui propose. Ma gaulette en bois s’est cassée et il ne m reste que trente centimètres de bois avant le fil. Tant pis j’irai dans le fleuve, plus accessible ici qu’à Camopi et la réserve de pain dans mon bob je taquinerai le yaya. Et ça marche. Si une miette tombe les yayas sautent hors de l’eau pour l’attraper.

Bon la photo est floue mais c'est bien moi avec le bob!

Bon la photo est floue mais c’est bien moi avec le bob!

. soit Morgane qui a pris la photo était sous effet soit elle a été troublée par ma masse musculaire!

Demain je tente le piranha. J’ai acheté du poulet pour appâter avec la peau. Que ça marche ou non je m’en fiche. Je suis dans l’eau, qui est agréable et c’est tout près de chez moi. Je serais bien allé à la crique un peu plus loin à environ huit cents mètres mais il paraît qu’il y a des crocos et des anacondas un peu gros. Même pas peur mais bon on va écouter les anciens et on ne va pas fanfaronner.

Plus sur le Puu Baaka,
Voici quelques explications sur le Puu baaka à partir d’un article de Marie Fleury dans l’excellente revue Une saison en Guyane 03. L’article est agrémenté de photos de Jean Hurault. Tout ce qui suit en italique est prélevé dans cet article.
La religion est basée sur le culte des ancêtres … qui continuent de l’au-delà à régenter les rapports entre les vivants … Les ancêtres sont très respectés et on leur fait des offrandes et des prières régulièrement… Le puu baaka est le dernier repas partagé avec le défunt. .. La première étape est la préparation de la boisson fermentée à partir de canne à sucre… Ensuite les hommes partent en forêt accompagnées de quelques jeunes femmes qui prépareront le gibier et les poissons pour les invités de la fête de deuil… Cette vie en forêt permet au groupe de faire revivre les anciens modes de vie des anciens. Lorsque ces busiman reviennent ils sont accueillis comme de véritables héros avec une allée entourée de pangis en signe de respect et avec des coups de fusils pour annoncer leur retour et éloigner les mauvais esprits… (Les coups de fusils que j’ai entendus dans le village le vendredi après midi signaient donc le retour de ces chasseurs). La veille de la levée de deuil on pile le riz (riz de montagne cultivé localement) en fin de nuit … Ce riz est ensuite vanné dans des plateaux en bois en forme de batées sculptées par les hommes. Le lendemain a lieu le bain rituel dans la rivière des veufs et des veuves accompagnés de la famille du défunt et qui peuvent ensuite quitter leurs vêtements de deuil et se vêtir de rouge.
C’est jour du doo udu où les jeunes coupent le bois qui alimentera le feu qui doit brûler toute la nuit… L’après midi les femmes du village déposent des galettes de cassave devant le hangar mortuaire avec des monticules de boissons apportées par les participants. … Le soir la fête commence par des contes, des improvisations et des énigmes sous le hangar mortuaire. Puis se succèdent, au rythme des tambours les danses traditionnelles. Cette fête a lieu le vendredi soir et dure toute la nuit. Le lendemain samedi matin on sacrifie tortues et poules de basse cour près du hangar mortuaire où on dormi les veufs et veuves durant toute la semaine… L’après midi on procède aux offrandes de nourriture… sur une feuille de bananier posée à terre, tout en priant les ancêtres d’accepter le nouveau défunt…

Marie Fleury (Muséum National d’Histoire Naturelle.
Je n’ai pas assisté à tout cela. J’ai perçu l’importance de cette cérémonie pour la population locale. Je suis très reconnaissant aux personnes qui m’ont accueilli pour la partie musicale et festive de cet événement que j’ai envie de comprendre. Ce week-end c’est à Loca, dont j’ai parlé précédemment que se déroulait un Puu Baaka. Aussi Papaichton s’est vidé de sa population pour y participer.


Un commentaire à “Les pakous n’ont qu’à bien se tenir et Puu Baaka (explications)”

  1. gm974

    Elle n’a pas été sensible à ton charme, pourtant tu étais rasé de très près dis donc.
    Elles n’y comprennent pas grand’chose aux attentions humaines ces charmantes petites bêtes !
    Tu n’as pas utilisé le bon langue age 😉
    Bisou

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