13

octobre

Mon carbet

J’ai fini ma période de bizutage.

 

En effet, l’hôpital de Cayenne loue (et nous refacture en partie) quatre logements à Camopi pour les deux médecins et les deux infirmiers.

 

Au confort et au charme variables.

 

Chacun de ces logements voit s’accumuler les améliorations, et les dégradations, des occupants successifs.

 

Il y a le joli carbet occupé par ma collègue Florence et sa famille, doté d’une grande terrasse très agréable ; le carbet dans lequel je suis à présent ; le carbet occupé par Philippe, l’infirmier (sympa mais vraiment petit et caché derrière d’autres bâtiments). Et il y a « l’appartement » : un très grand F3 dominant la Camopi (jusqu’ici tout va bien) mais qui a le triple inconvénient d’être très mal ventilé et de surchauffer (on n’en a pas trop besoin ici), d’être situé entre trois appartements occupés par les gendarmes de la brigade mobile (très sympas mais la terrasse commune nous permet de profiter des parties de tarot et des conversations de corps de garde) et de se trouver juste au-dessus de l’épicerie du village (pratique pour faire les courses mais moins charmant quand les poivrots campent devant, le soir).

 

C’est donc traditionnellement cet appartement qu’occupe le plus récemment arrivé au centre de santé en attendant qu’un autre des logements se libère. Une situation appelée à changer bientôt puisque l’hôpital s’apprête à louer un nouveau carbet en remplacement de l’appartement.

 

Bref, j’ai emménagé la semaine dernière dans mon nouveau logement.

 

Suivez-moi, nous allons faire un petit tour…

 

L’extérieur

 

L’extérieur ne paie guère de mine, comme c’est souvent le cas ici.

 

Mais l’habit ne fait pas le moine et l’intérieur est plus riant.

 

Le salon

 

(Admirez l’un des deux hamacs que je me suis offert au Brésil !)

 

Le coin cuisine est assez rudimentaire mais, comparativement à d’autres, j’ai un équipement correct même s’il a fallu que je traverse le fleuve pour trouver quelques ustensiles indispensables.

 

Le coin cuisine

 

Vous pourrez remarquer les bacs jaunes que l’on trouve dans les 4 logements. Il s’agit de bac à déchets hospitaliers recyclés en réserves d’eau pour les périodes de coupure générale. Je devrais pouvoir faire face puisque ce carbet en contient 4 !

 

La salle de bains

 

La salle de bains a dû être construite par un nain : le haut du lavabo m’arrive juste au-dessus des genoux et le haut du miroir, aux épaules… Elle remplit malgré tout son office même si LE truc auquel je n’arrive pas à me faire, ce sont les douches à l’eau froide.

 

La chambre

 

Quant à la chambre que j’occupe (il y en a une autre, vide), c’est une chambre… La moustiquaire est bien sûr indispensable. Même si en ce moment, il n’y a presque pas de moustiques (et aucun cas de palu ni de dengue depuis l’été), il y a tout de même des tas de bestioles qui ne nous veulent pas que du bien, y compris les chauve-souris vampires qui peuvent transmettre la rage. Alors on se couvre !

 

Les jolis draps, je les ai achetés au prix fort, surtout pour du demi-synthétique, côté brésilien mais on ne m’avait pas prévenu qu’aucun des logements n’était équipé et j’en avais marre de dormir dans des draps de l’hôpital.

 

Et pour finir, un petit retour sur l’extérieur avec ma terrasse, petite mais bien agréable.

 

La terrasse

 

Terrasse depuis laquelle, outre les voisins et une des deux écoles primaires, j’ai pleine vue sur le grand fromager qui veille sur la place centrale du village.

 

Le fromager de Camopi

 

Pour finir sur une petite anecdote, nos conditions de logements sont simples mais globalement agréables par rapport aux normes locales. Et surtout, nous avons des logements !

 

Ce n’est pas le cas des enseignants des écoles et du collège qui sont envoyés à Camopi et qui doivent se débrouiller sur place pour se loger. Certains ont de la chance, les connaissances qu’il faut ou ont pensé à venir en avance pour être les premiers. D’autres, non, et ils errent parfois pendant plusieurs semaines, de logement provisoire en « chambre d’amis » jusqu’à, enfin, trouver un toit. Ou bien jusqu’à repartir d’ici en laissant leur classe en plan. Une histoire qui se reproduit chaque année et qui me semble assez ahurissante.

 

M’enfin, en attendant, j’ai mon carbet à moi !


Laissez un commentaire