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décembre

Nourritures terrestres

Nourritures terrestres

 

En arrivant à Camopi, je ne savais pas trop comment j’allais me débrouiller pour l’intendance.

 

Ayant une idée des tarifs locaux, j’avais pris la précaution d’emmener de métropole quelques provisions introuvables et/ou onéreuses pour un volume réduit. J’avais complété ça par quelques courses à Cayenne.

 

Si d’autres ont le projet de se rendre ici, voici quelques conseils.

 

Il y a un « libre service » à Camopi. Outre des Amérindiens en train de siroter leur bière, femmes enceintes et allaitantes comprises, on peut y trouver pratiquement de tout, or produits frais (à part, parfois, quelques oeufs, pommes de terre et oignons).

 

Vraiment, de tout. J’y ai déjà glané des yaourts, des steacks hachés ou du poulet surgelé, des conserves de toutes sortes, des jus de fruit, de la margarine (mais jamais vu de beurre), des vache-qui-rit, des tablettes de chocolat, des articles de droguerie, des alcools divers, des cigarettes, un peu de papeterie scolaire…

 

Le vrai souci, c’est que les livraisons sont totalement aléatoires et imprévisibles. Ne me demandez pas comment ils gèrent leur affaire mais ça semble assez déroutant. Là, par exemple, ça fait plus d’un mois qu’on n’a pas vu un paquet de sucre.

 

Il arrive que les rayons soient bien garnis. Et, parfois, comme en ce moment, c’est la Roumanie post-Ceauscescu…

 

Epicerie

 

Parfois, même la bière manque. C’est dire !

 

Bref, quand on a l’occasion, mieux vaut sauter dessus et faire ses réserves.

 

Question tarifs, c’est globalement nettement plus cher qu’en métropole mais, là aussi, la logique semble assez floue. Le kilo de farine ou le litre de lait à 1€50, c’est raisonnable. Mais le moindre paquet de petits gâteaux ou la boite de fruits au sirop atteint facilement les 5 €.

 

Enfin, pour le règlement, les métropolitains ont la possibilité d’ouvrir un compte et de régler par chèque en fin de mois. Plutôt pratique vu la difficulté à se procurer des espèces sur place (il faut passer par un mandat cash de la Poste, s’armer de patience et venir un jour où le guichet n’est pas à sec).

 

Quant à se procurer des produits frais auprès des habitants, c’est quasiment impossible. Ils pratiquent une agriculture vivrière exclusivement dédiée aux besoins familiaux. De plus, la logique marchande ne fait vraiment pas partie de leur culture. J’ai eu beau demander, je n’ai eu que de vagues promesses qui évitaient un refus clair.

 

En fait, si l’on a vraiment des courses à faire, en particulier pour les fruits et légumes, le plus simple est de traverser l’Oyapock et d’aller à Villa Brasil où une dizaine d’échoppes, bien achalandées, sont approvisionnées en permanence. Quasiment tout y est disponible, à des tarifs encore un peu plus chers que ceux d’ici (c’est-à-dire vraiment très onéreux pour le Brésil).

 

Mais pas la peine de s’embêter pour le change : les caisses sont tenues en euros et tous les prix sont affichés exclusivement dans notre monnaie ! En fait, c’est si on voulait régler en réals que ce serait compliqué…


Un commentaire à “Nourritures terrestres”

  1. Valérie Weiss

    Eh ben mon pauvre Philippe, tu vas te languir de nos groupes de pairs ! Toi qui d’ailleurs est le 1 er à nous régaler !
    Belle aventure, bises

    Valérie

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