9

février

Singerie

macaque2Après la Lucilie et la puce-chique, il est temps que je vous présente une autre bestiole locale : le ver-macaque.

 

Attention, l’animal est trompeur…

 

Ce n’est pas un ver.

 

Et il n’a rien à voir avec les macaques, qui n’existent pas en Amérique du Sud. (La photo d’illustration, c’est pour vous piéger)

 

Pas un ver, donc, puisqu’il s’agit d’un asticot, la larve d’une mouche (Dermatobia hominis pour faire savant) présente dans les forêts tropicales d’Amérique.

 

En toute bonne logique, ce parasite est donc transmis par… un moustique !

 

Le plus souvent.

 

Parce que, parfois, c’est quand même par une mouche, mais pas la même. Ou par un taon, une simulie, voire une tique.

 

En fait, la femelle Dermatobia va, sans lasso et uniquement à l’aide de ses petites pattes musclées, capturer un moustique ou un autre insecte hématophage. Elle va le retourner sur le dos et pondre ses oeufs sur l’abdomen de sa victime. Quelle acrobate !

 

Ceci fait, elle abandonne le moustique, tout hébété et se demandant ce qu’il lui est arrivé, et s’en aller pondre ailleurs. Sans même dire merci ou s’excuser pour le dérangement.

 

L’incubation des oeufs dure une dizaine de jours avant que les toutes petites larves (moins de 1 mm) ne soient prêtes à passer à l’étape suivante.

 

C’est en effet lorsque le moustique se posera pour piquer que la chaleur de la peau va déclencher, en l’espace de quelques secondes, la libération des petits asticots qui étaient dans les starting-blocks et qui commençaient à avoir sérieusement faim.

 

Une de ces larves (parfois plusieurs, mais ce n’est pas fréquent) va pénétrer la peau et s’y développer progressivement durant plusieurs semaines, donnant l’aspect d’un furoncle qui gratte et qui est généralement assez douloureux. Si on ne fait rien (c’est une option, mais rares sont les patients à accepter de s’y résoudre), la larve mature finira par s’échapper après une cinquantaine de jours. Elle ira ensuite s’enterrer pour achever sa transformation en mouche.

 

Si on choisit de ne pas attendre (vous je ne sais pas, mais, moi, c’est clair que ce serait hors de question !), il faut donc sortir la bestiole.

 

Et comme le corps de la larve est hérissé de petits crochets, cette extraction n’est vraiment pas facile.

 

Ver macaque

 

Les Amérindiens d’ici arrivent parfois à l’expulser en pressant par en-dessous. Mais ce n’est pas sans risques car, dans le cas où ce tripotage intempestif provoque la mort de l’asticot, il y a un risque d’infection alors que les complications naturelles sont exceptionnelles.

 

Une autre option c’est d’inciser et de faire une petite extraction chirurgicale qui a pour défaut de laisser une cicatrice.

 

La méthode qui marche le mieux en fait, c’est de recouvrir le furoncle de gras (traditionnellement une tranche de lard,  mais une bonne couche de vaseline sous un pansement occlusif quand c’est nous qui opérons) afin que le ver-macaque, cherchant à respirer par ses stigmates qui affleurent la surface, remonte de lui-même et sorte de la peau.

 

Quand c’est dans les cheveux, c’est plus compliqué et on doit bricoler.

 

A la Fac, j’adorais la parasitologie. Nombreux sont les exemples de cycles de parasites absolument ahurissants, faisant intervenir de multiples étapes et hôtes divers. Autant vous dire qu’avec le ver macaque, je me régale !

 

 macaque


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